Les échappés de mélusine

Infernou, Bruniquel (82) , 27 et 28 avril

09/05/2019 - Lu 882 fois
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Infernou, Bruniquel (82) , 27 et 28 avril

 Il y a deux ans, les différents CR très alléchants des amis (Rado, Flying et TTR) m’avaient donnés envie de cocher cette aventure de 24h au calendrier. 24h de CO en forêt sur une carte IOF au 1/20000 dans un cadre idyllique.

J’embarque dans l’aventure Christophe. La veille au soir, préparation méticuleuse des sacs qui seront déposés à la base de vie par l’organisation tout en gardant un œil sur la météo qui s’annonce moyenne la journée du samedi. Levés 4h30, nous prenons direction du charmant village de Bruniquel en compagnie de nos chères et tendres. Les filles en profiteront pour visiter tout en participant le dimanche en fin de matinée à la CO diablotin d’1h30.

Nous arrivons sur place vers 9h00. On en profite pour repérer les lieux et surtout l’hôtel de mesdames… Le village est sublime et l’hôtel… enfin ce qui ressemble à un hôtel à l’air à l’abandon. Les filles stressent un peu et nous on rigole un peu. L’heure du départ approche, on s’alimente à la voiture, dernier préparatifs et direction la ligne de départ où 62 équipages/solos prennent le départ de la formule satan. Avant de récupérer la carte nous partons sur un petit prologue dans le village, où nous devons pointer 10 balises avant de récupérer la maxi carte A3 recto/verso. Je commets une petite erreur sur la balise la plus au nord, qui nous fait perdre une petite minute puis nous rejoignons la fin du prologue où les filles nous attendent pour la carte. Ouhaouuuu le chantier. Par où attaquer les 100 balises qui nous attendent. On décide de ramasser une majorité de balises avant notre passage à la base de vie. On en prévoit 63. Nous passons  plus de 10 minutes à élaborer un parcours. C’est parti il nous reste 23h30 de course et nous partons pour notre première toile, la 98 qui sera pointé rapidement après la première grimpette de la journée déjà 150m de dénivelé positif. La liaison à la 99 est bonne, puis arrive déjà notre première péripétie. Arrivant dans un rentrant, je ne comprends rien à l’orientation de ce dernier. Je tourne la carte dans tous les sens, rien ne colle. Ma boussole est folle et n’arrive pas à ce figer, l’aiguille à la bougeotte. Christophe sort sa boussole de rechange et on se recale. On remonte le coteau, mais malheureusement on est beaucoup plus au sud que ce que je pensais. On tourne en rond, on cherche cette fameuse ruine et les murets autour. Il est dur de se familiariser avec la carte au 20 000. Avec du recul et en regardant ma trace nous étions sur la ruine plus au sud que celle du poste. On se recale grâce à Tom et Manu qui passaient par là. Heureusement pour nous car sinon nous y serions peut-être encore. On reprend notre chasse à la balise avec une série 100/97/123/96/94/95/121/93/92. Un peu de rab à la 91 pour éviter un champ de chevaux, pour finalement y retourner car la végétation ne nous permet pas de rejoindre le chemin. 119/90/89 une formalité ; ce qui n’est pas le cas de la suivante. On attaque cette 88 un peu trop tard. On tourne autour de cette fichue falaise. On ne voit pas la toile, on hésite, on pense que l’on n’est pas sur la bonne falaise, on décide de continuer plus au sud pour finalement revenir sur nos pas et enfin trouver la toile. Nous sommes passés si près la première fois que nous sommes dégoûtés d’avoir perdu 20 minutes dans la zone.  On repart mais notre confiance en a pris un coup et nous commettons deux nouvelles grosses boulettes deux balises plus loin. A la 85 premièrement, où nous quittons trop tôt le chemin  et arrivons bien trop à l’ouest de la zone. Puis à la 129, une autre fois trop à l’ouest, on rate complètement notre attaque de pose. On se recale après un aller-retour de 400m. On vient de passer 1h15 pour seulement 4 balises pourtant assez proches les unes des autres. On poursuit notre avancée en essayant de courir dès que l’on peut et en s’imposant une marche rapide dans les côtes. La sortie du poste 114 fait mal. Une bonne montée tout droit dans la pente. 250 m de dénivelé sur cette seule transition. Sur cette partie de la carte les balises sont très espacées les unes des autres. Petite hésitation à la 83, la ruine se trouvant de l’autre côté du profond rentrant. 82/80/81, puis on arrive tout en bas du magnifique village de Puycelsi, où la balise 74 et ses 100m de dénivelé positif fait mal au moral de Christophe. Un petit aller-retour, pas le temps de visiter, mais cela vaudra vraiment le coup d’y revenir, puis on redescend vers la 75 qui se trouve 2 km plus loin. On croche au passage la 77 puis on redescend vers la 76 avant de poursuivre vers les 73/72/69. On fait le plein en eau. Il est 20h00, nous avons parcouru plus de 42km et 35 balises depuis le début. On est pas trop mal côté comptable, mais la nuit ne va pas tarder et avec elle une progression moins rapide. Cela va être dur dur de tout prendre. Les futurs vainqueurs nous font une petite démo de progression ultra rapide pour rejoindre la 71. De notre côté nous perdons 10 minutes pour trouver la toile. On assure par le chemin la remonté vers la 68, alors qu’il y avait surement mieux à faire. La luminosité commence à baisser sérieusement. Avec cela le gibier sort son bout du nez. 2 biches déboulent vers la 68 puis vers la 67 c’est au tour de 3 autres. Elles détalent après une magnifique ruade.  Physiquement nous n’allons pas trop mal, mais nous commençons à calculer le temps qu’il nous reste avant la base de vie. Vu la distance qu’il reste à parcourir, notre moral en prend un coup. On continue sur notre itinéraire prévu, mais avec de gros doute sur sa faisabilité. Nous allumons les frontales entre la 54 et la 55, avant de retrouver nos amis Gill et Oliv, nos crocos du 7-9. Nous faisons la balise 53 ensemble. Cela fait du bien de croiser des têtes connues. Nous continuons notre route en essayant d’assurer un maximum l’orientation pour éviter de faire du rab. Nous ne courrons quasiment plus et privilégions la marche rapide.

Nous galérons sur la balise 44 et faisons de plus en plus d’approximation. Moralement nous n’y sommes plus trop. Nous faisons un nouveau point. Il est 23h00, nous avons faim, l’envie de rejoindre la base de vie est plus que présente, mais la route est encore longue. Nous devions prendre encore pas mal de toiles.  On revoit donc un peu à la baisse notre objectif. On décide de réduire de 7 postes notre trajet avant de rejoindre la base de vie. Il reste donc 7 balises avant la pause. 7 balises ce n’est rien, mais après 11h de course et une faim de loup ce n’est pas pareil. Il nous faudra 3 h pour parcourir 12km et finalement ne pointer que 6 balises sur 7. Nous ne perdons pas de temps sur la 49, alors que nous sommes passés tout près. Pas sur le bon layon, nous n’en faisons pas un cas. L’objectif pour nous à ce moment était la base de vie. Grosse hésitation sur la route. Nous avions prévu de crocheter la 57 sur notre chemin, mais impossible de repérer le chemin y menant. On décide de continuer sur la route pour nous recaler et pour nous rapprocher de la 58 que l’on trouve sans difficulté, tout comme la 64 et la 66. Le doux bruit du groupe électrogène se fait entendre, la délivrance. Il est 2h10. Nous prenons le temps de profiter du ravitaillement fourni par l’orga et celui de nos sacs. On refait le plein, on se change. On restera près d’une heure à souffler, manger et  à discuter avec les copains présents rado, cmo... avant de reprendre notre quête de balises. Dur dur de repartir, mais cette pause nous aura fait du bien moralement.  On a un peu froid, mais la machine va vite se réchauffer après une belle montée pour rejoindre la 78 et le point culminant de la carte. On entame par la suite une longue descente vers la 84, puis deux longues liaisons vers la 79 puis la 65. La suite fut un enchainement de mauvais choix et d’erreurs… le cerveau ne répond pas très bien. Christophe de son côté commence à s’endormir sévère et se surprend même à plusieurs reprises à dormir en marchant. Liaison 65/63 on préfère assurer par la route éviter une bonne côte alors qu’avec du recul, nous nous sommes allongés de 600m pour rien. L’erreur suivante est encore plus terrible. Je ne remonte pas dans le bon rentrant. Pensant remonter vers la 62 on se retrouve sur un décor similaire à celui que l’on aurait dû avoir, mais trop à l’ouest. Je ne comprends plus rien, pas assez de recul pour comprendre mon erreur, que je comprendrais qu’une fois sorti sur le gros chemin. Le jour commence à pointer le bout de son nez. Christophe lutte contre le sommeil. Je lui laisse 2 fois 5 minutes de micro sieste et rattrape ma connerie sur la 62. De mon côté les jambes répondent pas trop mal, j’arrive à courir dès que le terrain le peut. Ce qui nous permet de prendre la 61 et la 60 avant de prendre la direction de la 117 où l’on retrouve nos 2 crocos caméra à la main. Liaison de 2 km pour rejoindre la 70 puis la 111 à petite foulée. Voyant l’heure tournée, on décide de laisser la 112 pour nous rapprocher des balises assez simples autour de Bruniquel. Petit détour vers la 124 avant la 105 et la montée terriblement longue vers le plateau de la 110. Montant tête baissé en marche rapide, je ne m’aperçois pas que Tophe n’ai pas derrière moi. Je reçois un message sur mon portable puis un appel… c’est la grosse panique, je vois que c’est Christophe qui m’appelle et au moment de décrocher ma batterie me lâche. Et là c’est le drame… tous les scénarios catastrophes passent dans ma tête. Je fais demi-tour à vive allure en l’appelant, je manque de ramasser, … je finis par redescendre plus d’1.5km avant de l’apercevoir. Il m’a attendu en contre bas, pensant que je n’avais pas eu la balise 105 en bas du single.  On reprend notre progression avec un sentiment de déjà vu pour moi. La suite est une formalité. On mesure la distance restant à parcourir par rapport au temps qu’il nous reste. Cela va le faire, on va pouvoir crocheter les 10 balises qu’ils nous restent en  marche rapide sans trop de difficulté à condition d’assurer l’orientation. C’est ce que nous ferons et nous rejoignons tranquillement la ligne d’arrivée à  11h28  où les filles nous attendent patiemment.  Bien usés physiquement, nous venons d’en terminer avec cette superbe aventure.

Nous avons au final 77/100 balises. Nous avons payé notre choix du départ trop ambitieux  de prendre 63 balises avant la base de vie et surtout le manque de lucidité en orientation. Sur une carte au 1/20000 la moindre erreur ne pardonne pas. Au final nous avons dû parcourir près de 110km pour 5000m de dénivelé +. (Pour comparaison le team Estu-r  boucle le parcours dans sa totalité en 120km et 5k d+ : bravo à eux !)

Un grand merci aux organisateurs ! Que du positif (base de vie, carto, repas, ambiance, accueil au top ) et un petit bémol ;  les balises étaient à notre goût un peu trop bien réparties sur la carte. Peut-être que quelques grappes de balises plus rapprochées pourraient permettre de casser la monotonie de certaine liaisons.

Merci encore et à une prochaine édition c’est sûr on reviendra pour faire mieux. Merci également à nos supportrices et à notre conductrice pour les 4h de route du retour.  

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