Le CR de Mat et Souche
Un Eau’bivwak 2013 inoubliable
En ce week-end de pentecôte, pour les Echappés de Mélusine Guillaume, David, Damien et Mathieu, le rendez-vous est pris afin de participer au Raid O’Bivwak 2013 qui a lieu à Villard de Lans en Isère. Ce Raid International d’Orientation pour sa 32ème édition, fait escale les samedi 18 et dimanche 19 Mai 2013 dans le Haut Vercors.
Départ de Vendée le vendredi matin en minibus pour traverser la France d’Ouest en Est et rejoindre l’ainé des frangins Bailly et sa petite famille. Nico, Maelle et Eunice nous accueillent chaleureusement dans leur maison qui constituera notre logis pour le reste du WE pour nous et nos accompagnatrices Estelle, Flo, Lou et Lina. Nous y retrouvons également Malaurie et Rose, arrivées la veille. Ca fait du monde au m², mais quel plaisir de tous se revoir et ça fait déjà penser aux vacances estivales…
L’objectif :
Pour notre première participation, nous avons tapé dans le lourd avec une inscription pour le parcours Ultra et ces
Les préparatifs :
Avec nos sacs pensés, pesés et soupesés depuis quelques jours, nous quittons les filles et Nico pour le WE.
Samedi matin, arrivée à Villard en minibus vitres teintées, un canari à la vue de l’imposant véhicule nous félicite pour le covoiturage. En réalité, nous sommes seulement 4 à l’intérieur. On s’équipe, on prépare l’encas et on file récupérer les dossards, puces et cartes, qui sont en fait de grands posters au format > A2. Une petite pluie fine commence à tomber avec quelques bourrasques de vent, ce qui vaut une montée ascensionnelle du dossard de Guillaume qu’il retrouve quelques mètres plus loin proche d’une piscine d’un hôtel très hautement clôturé. Déjà les prémices de la tempête. Contrôle des sacs et hop dans l’arène de départ pour plus d’une heure trente d’attente. On décide de manger nos casse-dalles et bananes à l’abri (un pur moment dixit Souch’ ;-)), tout en discutant avec les gars de Chantonnay, Damien et Fredd.
Le départ :
Quelques secondes avant le départ, les dernières recommandations d’usage sont annoncées et le compte-à-rebours est lancé sous de grosses rafales. La violence est telle, que la biroute (ou arche de départ pour les profanes), ne résiste pas, ça promet ! Les 2200 fauves sont lâchés en pleine nature, avec un petit trail dans les rues du village pour recevoir les feuilles de route. On aurait dit que les éléments attendaient notre départ pour se déchaîner.
La course :
Dans une grande prairie à découvert, on place un exemplaire des coordonnées au sec., puis traçons rapidement les deux premiers postes (un peu trop, je me plante royalement de carré). Le crayon ne veut déjà plus rien savoir, allez ! on file dans les coteaux et faisons déjà demi-tour voyant mon erreur. Le temps ne se calme pas, donc on poursuivra la journée sans tracer les postes tout en gardant le carré de report à la main, pour identifier le poste suivant et faire confiance à notre mémoire. On approche de la balise 1 à petite allure après avoir crapahuté sévère dans de forts pourcentages mais on la trouve sans problème, puis rapide enchaînement vers le rocher de la 2. On descend en glissade et/ou sur le cul le versant pour une longue ascension vers les sommets de la station. Presque une heure de marche sous la pluie, face au vent et plus… car oui en montant, on progresse tant bien que mal désormais sous le grésil voire la neige tombant à l’horizontal. A côté des remontées mécaniques petit check point pessimiste avec déjà 2 heures de « marche », mais la balise 3 est en vue. On poursuit la montée jusqu’à 1700m pour redescendre vers la balise 4 en espérant des températures plus clémentes et moins de neige. On reprend la course en dévalant les pentes parfois dans la neige. On se réchauffe quelque peu avant d’aborder une belle zone technique de lapiaz. Concentrés, nous trouvons parfaitement à l’azimut la dépression du poste 4, puis tentons de repartir au sud chercher le chemin pour se recaler. On tombe sur des petits sentiers qui nous excentrent du poste 5, la lecture de carte n’est pas aisée et on se repère finalement à la faveur d’un gros trou encastré dans une falaise. Cap à l’ouest vers la prochaine dépression puis plein nord vers le poste 6.
En regardant succinctement les balises suivantes, je vois qu’il faut repartir vers le sud de la carte. A ce stade, nous sommes quasiment hors délai, l’humidité et le froid sont toujours présents, gelés et moralement atteints, nous décidons de regagner le bivouac tranquillement. On prend les balises 11, 12, 13 au passage en redescendant dans la vallée puis la 14 après une belle côte dans les bois. L’ascension se poursuit entre les pins avant de retomber du côté de la zone du bivouac. On traverse une zone marécageuse et apercevons deux compères d’infortune que l’on reconnaît qu’après quelques secondes. « Qui va là ? » David et Guillaume !! Cette rencontre a le mérite de remettre du baume au cœur. Gros électrochoc dans tous les sens du terme, l’enjambée d’un fil électrique me rappelle que le physique est entamé et que je suis trempé. Pas grave, on termine cette journée dantesque entre potes à discuter tout en pointant pour le fun les deux dernières balises, et en ratant au passage les balises 22, 23, et 24 à quelques mètres de notre fin de parcours, pffff.
En arrivant, quelques toiles de tentes sont sorties, les couvertures de survie brillent, mais notre décision bien que douloureuse est prise. Nous prévenons l’orga du bivouac de notre arrêt, repartons en courant avec 6km de descente vers Villard pour se changer et en informer l’accueil. On se réchauffe, on se restaure grassement, puis nous rentrons rejoindre plus tôt que prévu nos hôtes.
Fin de l’aventure :
Oui car ce fut une aventure. On apprend quelques heures après notre retrait, que le bivouac a été évacué vers un gymnase et le dimanche annulé. Plus des 2/3 des participants avaient déjà abandonné avant le bivouac. Dommage, l’espace de jeu était somptueux avec de belles parties techniques. La météo en a décidé autrement.
Bilan :
Avec un grand goût d’inachevé pour notre première participation, on retiendra de cette journée dantesque et mémorable que la montagne ne pardonne pas, et quand le temps s’en mêle, ça devient très dur.
Merci et bravo à l’organisation de l’Obivwak pour le travail accompli, l’accueil de plus de 2000 orienteurs et la gestion du moment. Bravo à tous les valeureux participants.
Résumé vidéo : http://vimeo.com/user634281/raid-obivwac-2013
D’un point de vue sportif, le manque de préparation (grosse entorse il ya deux mois) s’est fait sentir, mais ça a tenu. Impatient de partager d’autres aventures avec Souch’ (mon compagnon d’infortune ce jour), Dav et Guillaume. Nous étions quand même partis pour faire sur les deux jours plus de 45km à vol d’oiseau soit 65 à 70km et plus de 2500m D+. Sans doute, avions nous vu trop gros dans ces montagnes escarpées. Le rendez-vous est pris pour l’année prochaine.
Le CR de Guillaume et David
Apocalypse Now!
Cela plusieurs mois que nous avons pris la décision de participer à La Mecque de la CO en France : Le Raid O’Bivwak ! 2 300 participants dans les différentes catégories, un décor de rêve, une préparation méticuleuse des sacs (plus de 9 kg chacun au final), une ambiance chaleureuse…Autant dire que la motivation et l’excitation de participer à une telle épreuve n’ont cessé de croître ces derniers jours.
Nous sommes 2 équipes des Echappés à tenter l’expérience. Je fais équipe comme d’hab avec David et la doublette inédite Mat/Souche nous accompagne dans cette aventure. Aventure pour nous car il s’agit de notre première épreuve de montagne et nous sommes inscrits sur la distance la plus longue…quitte à faire le déplacement aussi loin autant en profiter un max.
Vendredi 17 mai, 2h30 du mat nous prenons en famille la route plein Est, direction non pas le soleil mais notre hôte pour le we. Nous logeons une journée et une nuit chez notre frangin et sa petite famille au nord de Lyon et repartons à l’aube le samedi pour mettre le cap cette fois-ci au sud pour trouver enfin le soleil…non encore raté. Plus nous approchons de la station de Villard de Lans, plus le temps se couvre et en l’espace de 3 km nous perdons 4 ° et retrouvons notre cher temps hivernal. La radio locale annonce un we pourri sur l’Isère avec de fortes pluies et des rafales de vents…autant vous dire que l’ambiance est au maximum dans la voiture.
9H30 : Nous sommes garés à l’extrémité du bourg. Dernière vérification des sacs : tente, matelas, réchaud, bouffe, vêtements….tout y est. On choisit donc de se diriger vers l’accueil en étant équipés et en ayant pris soin de prendre avec nous le pique-nique.
10H : Petites emplettes pour Souche craignant pour ses oreilles. Plutôt bien inspiré, quoique des moufles n’auraient pas été de trop non plus.
10H30 : Nous récupérons les cartes, les consignes, le doigt électronique et les dossards.
10H43 : Mon dossard m’échappe des mains et monte à 20 mètres de haut pour tournoyer et finir sa course 50 mètres plus loin dans l’enceinte d’un piscine…certaines mauvaises langues y verront un signe avant l’heure.
11H00 : Nous rentrons dans le sas de contrôle des sacs.
11H15 : Nous sommes dirigés vers la place centrale pour manger en attendant le départ.
11H17 : La pluie commence à s’intensifier…
11h18 : Demi-tour vers la tente de contrôle des sacs…on aura bien le temps de se mouiller tout à l’heure. Nous trouvons un petit coin pour casser la croûte. Pendant ce temps le flot ininterrompu de participants défile devant nous. Nous avons le temps d’examiner les équipements de chacun en notant que certains ne sont pas à leur coup d’essai.
11H45 : Brin de causette avec Chantonnay Raid, optant pour la même stratégie en restant abriter un maximum.
12H15 : Plus le choix, dans 15 minutes c’est le départ.
12H20 : Nous sommes dans la foule à quelques encablure de l’arche de départ.
12H25 : Je commence à sentir la fraîcheur sur les épaules…bon je te confirme Franck, ta veste n’est pas étanche.
12H29min et 30 secondes : l’arche de départ se casse la gueule sous une bourrasque de vent et en fond sonore l’organisation annonce que ceux qui veulent abandonner (ce que l’organisation ne souhaite pas) doivent le signaler au PC course…encourageant.
12H30 : La meute est lâchée.
12H33 : Après un slalom dans les rues nous atteignons avec David les feuilles de route et traçons notre premier poste.
12H34 : Le stylo bave déjà et après le deuxième poste reporté nous prenons la décision de tracer le reste plus tard lors d’une hypothétique accalmie.
Balise 1 : Nous sortons tant bien que mal de la zone de départ par un une montée dans l’herbe, sous un véritable déluge et contre le vent. Il faut attendre un replas pour réellement commencer à courir. De courte durée, car nous sommes au pied d’un mur : 100 mètres de dénivelé à gravir pour trouver la première toile. Une petite hésitation et nous pointons notre premier pose de la journée.
Balise 2 : Le rocher est trouvé en moins de 5 minutes. Nous profitons non pas d’une accalmie mais du rocher pour tracer 3 postes de plus. Nous descendons tout schuss en compagnie de plusieurs équipes. Les 2 premiers postes se sont enchaînés assez vite…
Balise 3 : …c’était sans compter sur la transition de plus de 4 km pour rejoindre le poste 3. Nous commençons à trottiner sur un chemin en montée régulière et atteignons une zone dégagée. A la pluie qui tombe sans discontinuer depuis le début de l’après-midi, s’ajoutent les fortes bourrasques de vent descendant de la montagne. Nous marchons péniblement en remontant une piste de ski. La pente est sévère et le vent est de plus en plus fort. La pluie laisse bientôt place au grésil et à la neige nous fouettant le visage et les mains. Cela fait plus d’une heure de course et je suis déjà congelé. De chaque côté les mêmes visages marqués par le froid et le vent, la tête baissée en direction du poste. Il n’y a rien pour s’abriter. Je tente vainement de m’abriter derrière David et je pointe enfin la balise. Il nous faut monter encore 130 mètres de dénivelé pour rejoindre le chemin basculant vers le poste suivant.
Balise 4 : Nous entamons la descente, histoire de courir et se réchauffer mais le mal est fait. Je suis trempé et congelé. Au grand maux les grands remèdes : pause pipi histoire d’éviter les engelures aux doigts mais pas de quoi quand même se réchauffer les épaules…
Nous arrivons dans une partie technique où nous nous familiarisons avec les zones de lapiaz. Aux premiers abords, franchement ce n’est pas le grand amour : nous mettons pas moins de 20 minutes à trouver la toile en jardinant dans la zone…et ce n’est rien comparé au poste suivant.
Balise 5 : Nous nous y reprenons à 4 fois pour trouver le bon layon avec à chaque fois un retour à la balise 4 pour nous recaler. Grosse galère pour circuler sur le lapiaz. Je manque de me casser la gueule plusieurs fois tellement engourdi et pour couronner le tout, je suis pris de crampes à la cuisse après seulement 1H30 de course. La dernière tentative pour trouver la trace est enfin la bonne mais en employant les grands moyens : nous ressortons sur le gros chemin et retrouvons enfin le sentier. Et comme si cela ne suffisait pas à notre galère, nous trouvons rien de mieux que de monter 50 mètre de dénivelé en plus et rebrousser chemin pour trouver la dépression.
Balise 6 : Nous réalisons une sacré perf en rejoignant en 4 minutes chrono la toile…située il est vrai en bordure de chemin…
Balise 7 : 450 mètres à vol d’oiseau, mais par ce temps je n’en ai guère vu…à la différence des fameux lapiaz et autres rochers dans le secteur. J’ai la tête dans le guidon et je ne pense qu’au froid. David est livré à lui-même dans la lecture de carte et je traîne ma misère derrière. Après 30 minutes, nous trouvons la dépression. Je regarde le chrono et nous flirtons avec la barrière horaire.
Balise 8 : Nous décidons d’assurer en reprenant le périphe de la balise 4. La montée vers le rocher est fatale à ma cuisse m’obligeant à m’étirer.
Balise 9 : Nous errons dans la zone et croisons une des rares équipes à être encore dans le secteur. La dépression trouvée nous remontons une barre rocheuse afin de rejoindre le poste suivant.
Balise 10 : Cet enchaînement est plutôt propre. David s’apprête à tracer le poste suivant mais je lui annonce que nous sommes hors délais…nous prenons la décision de rejoindre le bivouac et d’en terminer avec cette journée apocalyptique. Nous avons l’intention de repartir le lendemain sur de nouvelles bases.
17H00 : Nous atteignons la vallée après une descente au petit trop.
17H05 : Nous marchons sur le long faux plat menant au bivouac. Nous trouvons ça et là d’autres participants traînant comme nous leur misère.
17H40 : Nous apercevons au loin une doublette sortie de nulle part. « Tu as vu, ils plient bagages eux aussi… »
17H41 : « Putain c’est souche et mat ! »
17H42 : Nous reprenons la route tous les 4 et pointons 2 postes au passage.
18h18 : Enfin le bip final de cet après-midi dantesque.
18H20 : Après concertation, et la mort dans l’âme (enfin presque) nous décidons de regagner Villard de Lans. Nous sommes trempés et gelés et le peu de tentes présentes au bivouac nous conforte dans ce choix.
18H25 : Nous reprenons la route pour 5 km à pied afin de regagner Villars de Lans. Nous arrivons à la voiture après 6H30 à arpenter le massif du Vercors sous la pluie, le vent et la neige. Nous finirions tout de même avec 36 km au compteur et 1 550 mètres de dénivelé positif.
19H45 : Nous sommes changés et nous reprenons la route.
20H30 : Petite pause Fast Food où je tairais le nombre de sandwichs enfilés par chacun.
22H00 : Retour en famille au nord de Lyon où nous apprenons que le bivouac a été rapatrié dans une salle de tennis et que la course ne reprendra pas le lendemain. Une première pour l’O’bivwak en 32 ans.
Bilan : Une grosse frustration. Nous pensions prendre du plaisir et perso j’ai vécu un vrai cauchemar. Nous n’étions pas prêts à de telles conditions et pour une première en montagne ça ne pardonne pas. Mais nous n’allons pas rester la-dessus. Nous remettrons ça prochainement. Cela restera une expérience gravée dans les mémoires et après coup des bons moments à échanger avec nos copains d’infortunes.
Les Commentaires
En tous cas bravo qd mm, et si vous avez un reste de cartes a mettre sur le site :-)
En tout cas cela ne ressemble au Vercors dont j'ai pu profiter 8 jours auparavant : chamois en forêt, marmottes sur les Hautes Plateaux, bouquetins sur les pentes du Grand Veymont(vers -5°C) !!!
Cela restera malgré tout un grand souvenir de "Découverte d'un milieu naturel..."
Félicitations à vous 4 pour votre témérité !